La rue Cocand part du carrefour formé par la petite rue Chauchien, de la rue aux Maréchaux et des Bancs, pour aboutir au pied du rempart, à l’entrée du Petit-Puits.
La courte rue a porté autrefois le nom de rue des Bouchers, quand elle conduisait en impasse aux grandes boucheries situées contre le rempart. En 1360, à la démolition des boucheries, elle prit le nom de rue Talus, à cause de sa forte pente. Au début du XVIe siècle, la rue avait pris le surnom d’un de ses habitants, le sieur Antoine Dubauchet, dit Cocquand. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, elle a porté tour à tour ces deux noms.
Sous la Révolution, elle a été dénommée la rue Décadaire, du nom du culte des nouvelles célébrations républicaines qui ont tenté de déchristianiser le calendrier de la France. Puis la rue a repris définitivement le nom de rue Cocand.
Une maison du XVIe siècle classée
Au n° 7, se trouve une imposante maison du XVIe siècle, aux nombreux détails architecturaux. Dans le pignon de son étroite façade Est, à bonne hauteur, une niche abrite la statue de saint Christophe, le patron des voyageurs comme peuvent l’être les compagnons du Tour de France.
Cette maison, dite Maison Saint-Christophe, a été inscrite partiellement aux Monuments historiques, par arrêté du 4 octobre 1932, pour ses façades, ses toitures sur cour et sur rue, et son escalier à vis. Son classement a été confirmé par arrêté le 8 février 1984.
En descendant la rue à droite, se trouvait un jardin, appelé encore à la fin du XVIIe siècle le jardin de la maison Beauchamp, du nom de l’attrayant hôtel de Beauchamp, ancienne demeure des Rolin, qui habitaient à proximité dans la rue des Bancs.
La rue Cocand part du carrefour formé par la petite rue Chauchien, de la rue aux Maréchaux et des Bancs, pour aboutir au pied du rempart, à l’entrée du Petit-Puits.
Sous la Révolution, elle a été dénommée la rue Décadaire, du nom du culte des nouvelles célébrations républicaines qui ont tenté de déchristianiser le calendrier de la France.
En descendant la rue à droite, se trouvait un jardin, appelé encore à la fin du XVIIe siècle le jardin de la maison Beauchamp, du nom de l’attrayant hôtel de Beauchamp, ancienne demeure des Rolin, qui habitaient à proximité dans la rue des Bancs.
Comme un symbole. À la perpendiculaire du boulevard des Résistants-fusillés à Autun, s’ouvre la rue Cocand où a sévi l’un des plus redoutables miliciens d’Autun durant les heures sombres de la guerre 1939-1945. Joseph Gressard, arrêté, jugé a été le dernier condamné à mort de la région d’Autun.
Même les crimes de guerre ne donnent plus lieu à l’exécution capitale depuis longtemps. En France, il a fallu attendre mai 1981, l’élection de François Mitterand puis la loi Badinter quelques mois plus tard pour que la guillotine soit définitivement rangée dans un musée.
Toutefois, Joseph Gressard n’a pas senti le couperet de la lame sur son cou, ce 10 mai 1945, à 5 h 55. Les guillotinés de Saône-et-Loire ont quasiment tous été exécutés jusqu’en 1939 sur la place publique, place Ronde (près de la place de Beaune) à Chalon. Après, les guillotinés l’étaient dans l’enceinte de la prison.
Gressard, lui, a été présenté devant un peloton d’exécution et fusillé au stand de tir de Chalon après sa condamnation à mort par la cour de justice de Chalon le 29 mars 1945. Son procès fut éloquent quant à ses faits et gestes de haute trahison. Ils sont évoqués dans tous les récits du maquis de la région (1).
Arrivé à Autun durant son adolescence, juste avant la guerre (ses parents arrivaient de Constantine en Algérie), Joseph Gressard est embauché après ses études secondaires, à la sous-préfecture d’Autun comme rédacteur en 1941. Il est inculpé en juin 1943 pour le vol de titres de rationnement et envoyé « au travail » en Allemagne. Il revient rapidement. Il pactise en fait avec la SD nazi (la Sicherheitsdienst, le service de sécurité de la Gestapo) pour infiltrer la Résistance et ses réseaux dans le Morvan.
Très filou, il était surnommé « Petit Renard », il arrivait à déjouer la méfiance des maquisards, il leur proposait des armes et en même temps collaborait avec la Gestapo. Il est à l’origine directe de plusieurs dizaines de meurtres, d’arrestations et déportation dans la région : à Dettey, à Saint-Emiland, Decize, Toulon-sur-Arroux, à Autun, Le Creusot…
Son « tableau d’honneur » est édifiant. C’est sûrement le plus grand criminel de l’histoire autunoise.
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_890d04_87-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_a8d377_101-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_39055b_90-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_e7ab88_93-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_c06094_94-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_db5fa3_95-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_e32208_96-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_d1858b_100-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_8b903d_89-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_398fe3_88-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_572e64_113-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_53ba35_114-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_d3c34c_126-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_93ad3a_130-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_80fa2c_128-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_5407dd_129-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_d140c8_135-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_dab7ba_127-rue-cocand.jpg)
/image%2F0555641%2F20260623%2Fob_e76496_140-rue-cocand.jpg)