Située à 50 m de l'actuelle cathédrale romane Saint-Lazare, cette cour, ancien cloître de la cathédrale Saint-Nazaire, conserve avec les bâtiments alentour le souvenir de l'ensemble canonial (bâtiments conventuels, salle capitulaire, cellier, réfectoire, dortoir, etc.).
Située à 50 m de l'actuelle cathédrale romane Saint-Lazare, cette cour, ancien cloître de la cathédrale Saint-Nazaire, conserve avec les bâtiments alentour le souvenir de l'ensemble canonial (bâtiments conventuels, salle capitulaire, cellier, réfectoire, dortoir, etc.). À cet endroit se trouvait aussi une grande habitation, antérieure au IVe siècle, qui correspond vraisemblablement à la domus ecclesiae (demeure de l'évêque), primitive sise au sud de la cathédrale Saint-Nazaire, fait rarissime dans l'histoire de la chrétienté.
Aujourd'hui disparue, l'église Saint-Nazaire entretenait en lien étroit avec Saint-Lazare. A l'échelle de la ville haute, ces églises fonctionnaient comme un tout, dans une savante organisation de la liturgie.
La cathédrale Saint-Nazaire est attestée au VIe siècle quand l’évêque Syagre l’embellit d’une mosaïque à fond d’or, puis dans la vie de saint Léger au VIIe siècle. Mais on admet généralement qu’elle apparaît dès le Ve siècle. Semblable à ceux de Lyon ou de Genève, elle formait un système d’églises doubles avec Notre-Dame, autour du baptistère Saint-Jean. Cet ensemble d’édifices est de même orientation est/ouest, contrairement à Saint-Lazare.
L’église Saint-Jean-de-la-Grotte, située sous le chœur gothique de Saint-Nazaire et à l’emplacement du baptistère, est mentionnée comme paroissiale pour la première fois en 1243. En effet, c’est au XIIIe siècle que le vocable de l’ancien baptistère est donné à cette église.
Située dans l’actuelle cour de la maîtrise, Saint-Nazaire quant à elle fit l’objet de nombreuses restructurations. Brûlée en 731, elle fut reconstruite partiellement. De la construction de la cathédrale primitive ne subsiste rien de visible.
Seuls les vestiges des reconstructions gothiques des XIIIe et XVIe siècles (chapelle Saint-Aubin) sont encore en élévation, ainsi que le porche d’entrée donnant sur la rue. A cette époque, le vaste projet de rénovation qui doit surpasser le sanctuaire de Saint-Lazare s’arrêtera à la construction du chœur et du transept. En effet, les difficultés financières, les crises épidémiques et le passage des grandes compagnies empêchèrent la poursuite des travaux. Le projet est abandonné au XVe siècle et Saint-Nazaire restera une cathédrale inachevée.
Les bâtiments situés sur la droite (en entrant dans la cour) datent de la fin du XVIe siècle et servaient de chambre des comptes pour le chapitre.
Saint-Nazaire sera secondée par Saint-Lazare dès 1146 comme église de pèlerinage puis comme co-cathédrale dès 1195.
En 1699, une partie de la voûte s’effondre. À partir de 1770, elle devient un dépôt pour être finalement démolie en 1783.
Le chapitre, seigneur de la ville haute d’Autun, et sa cinquantaine de chanoines ont été, dès le XIIIᵉ siècle, propriétaires de très nombreux monuments et domaines, d’où il tirait la plupart de ses importants revenus.
En plus des deux cathédrales, Saint-Nazaire et Saint-Lazare, le chapitre possédait le petit cloître, des maisons et dépendances (fours, celliers, vergers, jardins…) qui les concédait à bail viager. Il possédait, d’après un pouillé du diocèse, plus d’une cinquantaine d’églises. Son domaine rural, dont il tirait la majeure partie de ses revenus, était immense. Il était composé de terres cultivées, de champs, de bois, auxquels s’ajoutaient des garennes, des étangs, des rivières.
Le chapitre possédait également, près des cours d’eau, une myriade de moulins composés d’un battoir-roue à aubes, d’un bief, d’une écluse. Il en avait deux à Autun, sous le pont Saint-Andoche sur les bords de l’Arroux. Ces moulins étaient affermés à bail moyennant des redevances en nature.
Il possédait également de nombreuses vignes à Gevrey, Beaune, Dijon, Corton, Meloisey… À Aloxe, ses domaines particulièrement consacrés à la vigne, d’une trentaine d’hectares, étaient outillés pour la fabrication du vin avec deux pressoirs et six cuves. Le chapitre, soucieux de l’extension de ses vignes, s’était alors préoccupé de ses meilleurs terroirs et avait pratiquement éliminé en ces lieux, toute autre source de profit.
Les cultures traditionnelles gardaient malgré tout la première place : blé, froment, avoine… base de l’alimentation. L’avoine servant d’alimentation aux chevaux, les chanoines ne manquèrent pas d’en posséder. Le chapitre put ainsi faire face à ses nombreuses charges diverses.
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